La culture du coton est adaptée à des régions tropicales et subtropicales qui alternent climats secs et humides. Après la récolte, la fibre du coton est séparée des graines. La première est utilisée en filature pour le textile et les deuxièmes servent à produire de l’huile alimentaire et des protéines pour nourrir le bétail. Les Etats-Unis sont de loin le premier pays exportateur de coton, mais les subventions accordées à ses producteurs sont critiquées par les autres producteurs. En 2009, l’OMC a tranché en faveur du Brésil dans le litige qui opposait les deux pays à ce sujet, en l’autorisant à réclamer des compensations aux Etats-Unis.
Depuis 1950, la part du coton dans le marché des textiles n’a cessé de chuter avec l’arrivée des fibres synthétiques, mais il reste la première fibre naturelle utilisée, et la demande poursuit sa croissance avec l’évolution démographique. Sans surprise, les principaux consommateurs sont les pays ayant développé une importante industrie textile : la Chine (qui, bien que premier producteur mondial, est aussi le premier importateur de coton), l’Inde, le Pakistan et la Turquie.
Les surfaces d’ensemencement de coton dépendent en grande partie des cours, notamment dans les pays qui n’accordent pas de subventions ou d’aides spécifiques à leurs agriculteurs, ces derniers devant arbitrer selon la rentabilité des différentes cultures. Début 2011, le marché du coton se trouvait dans une situation proche de la pénurie, après des années de prix bas qui ont conduit à une baisse des surfaces. La récolte 2010-2011 était la plus faible depuis sept ans, en raison aussi de mauvaises conditions climatiques dans plusieurs pays producteurs. En Chine, la production a chuté de 18% en trois ans, obligeant le pays à importer massivement. Ainsi, même si la demande mondiale a subi un coup de frein avec la crise économique, les stocks mondiaux ont chuté à des niveaux exceptionnellement bas en 2010 et 2011. Résultat logique – et amplifié par la spéculation : les cours à New York ont flambé à niveaux inouïs, jusqu’à plus de 2 dollars la livre au printemps 2011, soit un doublement en cinq mois, et des prix jamais vus depuis la guerre de Sécession. En 2009, ils évoluaient entre 40 et 75 cents la livre…
Ce pic des cours ayant été atteint au moment des semis dans l’hémisphère Nord, les agriculteurs ont été incités à augmenter les surfaces, et l’USDA s’attend pour la campagne 2011-2012 à une reprise de 10% de la production mondiale. La demande restant relativement atone, les stocks mondiaux se regonflent rapidement et les cours sont revenu à des niveaux moins inhabituels, quoiqu’encore élevés : un peu en dessous de 1 dollar en janvier 2012.
Le coton est considéré comme l’une des cultures les plus polluantes au monde. Très sensible à certains parasites, il doit souvent, pour être rentable, être produit avec un usage massif de pesticides, dont certains sont classés par l’OMS comme « extrêmement dangereux » ou « hautement dangereux ». Alors que la culture du coton ne représente qu’entre 2 et 3 % de la surface agricole mondiale, elle absorbe à elle seule 24 % des pesticides commercialisés.
Des cotonniers génétiquement modifiés ont été conçus pour résister à certains parasites, et ainsi réduire l’utilisation d’insecticides et améliorer les rendements. Ces cotonniers se sont largement répandus, notamment en Inde, aux Etats-Unis, en Chine, plus récemment au Burkina Faso…, mais ils restent très contestés. Si la réduction de l’usage d’insecticides peut être réelle à court terme, elle est sujette à caution à plus long terme, avec le risque de développement de résistances. Les espèces génétiquement modifiées peuvent aussi être inadaptées à certains sols et climats : des agriculteurs indiens se sont ainsi trouvés ruinés après de mauvaises récoltes issues de semences beaucoup plus chères que les semences habituelles. Quant aux incertitudes sur les conséquences environnementales à long terme, elles sont d’autant plus inquiétantes pour les opposants aux OGM qu’ils peuvent contaminer les espèces locales.
Autre problème soulevé par la culture du coton : elle nécessite 5.260 litres d’eau en moyenne pour une production d’un kg, selon le CNRS. Lorsqu’il est cultivé dans des régions où les précipitations sont insuffisantes, les besoins en irrigation sont colossaux. L’assèchement de la mer d’Aral était ainsi directement imputable à la culture intensive de coton au Kazakhstan et en Ouzbékistan.
Production mondiale 2010-2011 : 25,11 Mt. Dont Chine : 26%, Inde : 22%, États-Unis : 16%, Brésil : 8%, Pakistan : 8%. Prévisions 2011-2012 (janvier 2012) : 26,75 Mt.
Consommation mondiale 2010-2011: 24,89 Mt. Dont Chine : 40%, Inde : 18% ; Pakistan : 9% ; Turquie : 5 %. Prévisions 2011-2012 (janvier 2012) : 23,95 Mt.
Exportations mondiales 2010-2011 : 7,77 Mt. Dont Etats-Unis : 40%, Inde : 14%, Ouzbékistan : 7%, Australie : 7%, Brésil : 6%.
Importations mondiales 2010-2011 : 7,77 Mt. Dont Chine : 34%, Bangladesh : 10%, Turquie : 9%, Indonésie : 6%, Thaïlande : 5%.
Stocks de fins de saison 2010-2011 : 9,87 Mt. Prévisions fin 2011-2012 (janvier 2012) : 12,7 Mt.
Cotation : ICE Futures US (ex-NYBOT), en US cents/livre.
Source : USDA
Photo : ©KENPEI CC-BY-SA-3.0

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