L’or est pratiquement indestructible et réutilisable à l’infini. Aussi, la majeure partie de l’or extrait (estimé à environ 161 000 tonnes en 2009) depuis les débuts de l’humanité existe encore. En 2010, l’offre était alimentée à 60 % par la production minière et à 40 % par le recyclage. Le poids de l’Afrique du Sud qui, jusqu’aux années 1980, fournissait plus de la moitié de la production minière, a très fortement décliné. Le pays n’était en 2009 que le 4e producteur d’or primaire derrière la Chine, les États-Unis et l’Australie. La production chinoise est quant à elle en rapide progression (+65 % entre 2004 et 2009). La décision de banques centrales de vendre une partie de leurs stocks peut aussi avoir un impact important sur l’offre.
En 2010, la joaillerie représentait 54 % de la demande en or selon les estimations du World Gold Council, les investissements sous forme de lingots ou de pièces, 35 % et l’industrie (essentiellement dans le secteur électronique), 11 %. L’Inde est le premier importateur au monde, en raison de la popularité de l’or pour les bijoux. L’évolution de la demande évolue différemment selon les débouchés : l’utilisation de l’or en joaillerie est sensible aux prix ; pour l’industrie, elle est liée à l’activité économique mondiale ; et les investissements ont tendance à être privilégiés en période de crise ou d’inflation.
La demande mondiale en or s’est nettement reprise en 2010 par rapport à 2009 où elle avait reculé, en raison d’une moindre utilisation dans la joaillerie et l’industrie. Plus que la demande industrielle, ce sont les investissements, et donc indirectement les situations monétaires qui dictent les évolutions des prix de l’or. L’attitude des banques centrales, qui détiennent autour de 20 % des stocks mondiaux, a une importance tout particulière.
Début 2011, les conditions sont réunies pousser les prix de l’or vers le haut : craintes inflationnistes qui attirent les investissements vers cette valeur refuge, et faiblesse persistante du dollar qui incite notamment les banques centrales du monde à acheter de l’or plutôt que du dollar. Début mai 2011, les cotations de l’or sont à leurs plus hauts historiques, à 1 546,50 dollars par exemple le 3 mai à Londres.
Élément chimique présent en proportion infime dans les océans ainsi que dans la croûte terrestre dont il est le 75e composant, l’or est à la fois très rare et naturellement inaltérable. Même si l’on en expédie un peu dans l’espace, avec fusées et satellites, cela lui assure une grande pérennité théorique sur Terre. Du reste, son histoire est logiquement liée à celle des puissants et des dieux. Ainsi, les banques le stockent toujours alors qu’il n’a plus de valeur étalon pour les monnaies. De surcroît l’or se recycle quand il est sous forme de pièces, bijoux, etc. En revanche, sa grande valeur conjuguée au danger de son extraction pour les milieux naturels (présence de mercure, lessivage de l’or avec du cyanure…) pose une question de durabilité des écosystèmes concernés.
Production minière mondiale en 2009 : 2 450 t. Dont Chine : 13 %, États-Unis : 9 %, Australie : 9 %, Afrique du Sud : 8 %, Russie : 7 %, Pérou : 7 %.
Réserves officielles en or des banques centrales (avril 2011) : États-Unis : 8 134 t, Allemagne : 3 401 t, FMI : 2 814 t, Italie : 2 452 t, France : 2 435 t, Chine : 1 054 t.
Cotation : London Bullion Market Association (LBMA), en USD/once (une once = 31,1035 g).
Photo : © Courtesy of the U.S. Geological Survey

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