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Bois
Bois

La filière du bois est touchée par la crise immobilière, surtout aux États-Unis.

L’offre

Si les forêts occupent environ 30 % des terres émergées de la planète, elles se révèlent très inégalement réparties : la forêt tropicale représente 47 % de la surface boisée et les forêts boréales et polaires, 33 %. Environ 3,8 milliards de m3 de bois sont récoltés chaque année dans le monde.
La région Asie-Pacifique est de loin la première exportatrice de bois tropicaux (en particulier la Malaisie et l’Indonésie). L’Amérique latine, qui détient la plus grande surface de forêt tropicale, a un rôle comparativement assez mineur sur ce marché. Quant à celui des bois tempérés, il est dominé par les productions d’Amérique du Nord.

La demande

Le bois est exploité dans trois grandes filières : bois de chauffage (destiné à la cuisson des aliments, au chauffage ou à la production d’énergie), bois de construction (produits en bois solide) et bois de trituration (production de papier, carton…). La première consomme environ la moitié de la production, essentiellement dans les pays en développement. En revanche, la demande dans les pays industrialisés concerne plutôt le bois de construction et industriel. La consommation chinoise de bois est en pleine croissance, alors que le pays prend depuis une dizaine d’années des mesures drastiques pour reboiser son territoire ; il est ainsi devenu le premier importateur de bois au monde.

Evolution

La crise de la construction immobilière aux États-Unis (où 90 % des maisons individuelles ont une ossature en bois) a fortement touché la filière du bois. Ainsi, les prix des sciages en Amérique du Nord sont tombés en 2008 à leur plus bas niveau depuis 1991. De nombreuses scieries ont fermé faute de commandes.

Les cours du bois sur le CME sont très volatils. Ils ont par exemple gagné 26 % au cours du mois de novembre 2009. Il cotait à 205 dollars le 1er janvier 2010. Cependant, ces cours internationaux ne sont pas forcément représentatifs des prix locaux en fonction des espèces. Par exemple, la tempête de janvier 2009 qui a sévi dans le sud-ouest de la France, en abattant l’équivalent de 4 ou 5 ans de production de pins maritimes, a fait s’effondrer les prix producteurs locaux, de l’ordre de 80 à 90 %.

Plus globalement, le marché du bois pourrait bénéficier dans les années à venir des préoccupations écologiques : il est de plus en plus favorisé pour la construction comme pour la production d’énergie.

 

Pérennité

La prise de conscience de l’importance des forêts pour la planète a conduit un certain nombre d’Etats et d’organisations internationales à prendre des mesures drastiques pour la préserver. Résultat, si la déforestation reste très problématique, elle est en recul, selon la FAO. Sur les un peu plus de 4 milliards d’hectares couverts par les forêts dans le monde, environ 13 millions d’hectares ont disparu chaque année entre 2000 et 2010, soit par conversion de forêts en surfaces de cultures, soit à cause de phénomènes naturels (incendies…). Ce chiffre s’élevait à 16 millions d’hectares dans les années 1990. La perte nette, amortie par le reboisement, s’élevait à 5,2 millions d’hectares par an pour la dernière décennie contre 8,3 pour la précédente.

Mais si toutes les forêts, naturelles et artificielles, ont un rôle dans la séquestration de CO2, les menaces qui pèsent sur les forêts primaires sont particulièrement préjudiciables. Ces dernières représentent selon la FAO 36 % de la surface forestière totale, contre 7 % pour les forêts plantées et 57 % pour les autres forêts régénérées naturellement. Or, les forêts primaires (c’est-à-dire où l’activité humaine n’a pas ou presque pas modifié l’écosystème), essentiellement tropicales, comptent parmi les plus importants viviers de biodiversité de la planète.

En 2010, une initiative originale illustre le fait que les forêts sont de plus en plus considérées comme des ressources essentielles pour la planète et, à ce titre, appartenant à tous : le président équatorien, Rafael Correa, a proposé la constitution d’un fonds alimenté par la communauté internationale en échange de la non-exploitation du pétrole présent sous la forêt amazonienne. Le fonds a été créé en août 2010 avec l’accord de l’ONU, et plusieurs pays industrialisés ont donné un accord de principe pour y participer ou réfléchissent à la question.

La déforestation de l’Amazonie (notamment au Brésil) et de la forêt indonésienne, dramatiquement rapide au cours des années 1990, a sensiblement ralenti dans les années 2000, selon les chiffres de la FAO. Dans ces deux zones, le recul de la forêt est essentiellement dû au déboisement pour l’extension des cultures (surtout le soja au Brésil et l’huile de palme en Indonésie).

Dans le Bassin du Congo, où se trouvent d’autres ressources forestières primaires exceptionnelles, le déboisement est davantage dû au commerce du bois. Si des labels, comme le FSC (Forest Stewardship Council), permettent de certifier des filières de bois exploité durablement, la filière illégale – entretenue par des importateurs peu scrupuleux de bois tropicaux, par exemple en Europe – sont encore responsables de pertes importantes. Le continent a perdu 10 % de sa surface forestière ces 20 dernières années.

Quant aux forêts plantées ou « domestiquées » par l’homme et exploitées pour l’extraction de bois, ces industries ont à plusieurs égards des effets bénéfiques pour l’environnement. Utilisé comme combustible énergétique, le bois offre un bilan carbone positif. Ainsi selon l’Ademe, l’usage de 4 m3 de bois énergie permet l’économie d’une tonne de pétrole et de 2,5 tonnes de CO2 rejetées dans l’atmosphère (le CO2 rejeté lors de la combustion étant compensé par celui absorbé lors de la croissance des arbres). Utilisé dans les bâtiments, le caractère renouvelable et la bonne capacité d’isolation thermique du bois sont de plus en plus appréciés.

Enfin, le bois est un matériau recyclable et valorisable tout au long de la filière. Par exemple, les déchets des scieries sont récupérés pour servir de combustible, de matière première pour la production de pâte à papier, ou encore pour la fabrication d’aggloméré…

Mais une gestion durable des forêts nécessite des moyens. Ainsi, les dramatiques incendies de forêts qui sévissaient en juillet-août 2010 en Russie mettent en cause le désengagement de l’Etat dans leur gestion ces dernières années.

Inversement, la Chine s’est lancée depuis plusieurs années dans un ambitieux programme de reboisement et de protection des forêts, afin d’apporter sa contribution au ralentissement du réchauffement climatique.

 

 

Les chiffres

Production mondiale de grumes* de résineux en 2007 (bois tempérés) : 716,8 millions de m3 ; dont États-Unis (23 %), Canada (20 %), Russie (9 %), Suède (6 %), Chine (5 %).
Production mondiale de grumes* de feuillus en 2007 (bois tempérés) : 290,5 millions de m3 ; dont États-Unis (21 %), Brésil (9 %), Indonésie (7 %), Malaisie (7 %), Chine (6 %).
Cotation Random Lengths Lumber (bois de construction) : CME en dollars pour 1 000 board feet (environ 2,36 m3).
* troncs d’arbres avec écorce.

 
Expertises Bois

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