Le caoutchouc naturel provient du latex, récolté par incision du tronc de certains arbres, en particulier l’hévéa. Aujourd’hui, plus de 90% de la production est originaire d’Asie et les deux tiers proviennent de trois pays seulement (Thaïlande, Indonésie et Malaisie). Le caoutchouc naturel représentait en 2010 environ 42% du marché du caoutchouc, le reste étant du caoutchouc synthétique. Mais ce dernier ne peut pas se substituer au caoutchouc naturel dans certaines applications. La culture d’hévéa est parfois abandonnée au profit de palmiers à huile, plus rentables à court terme.
Le secteur des pneumatiques représente environ 65 % des débouchés du caoutchouc naturel. La Chine, dont le marché automobile connaît une croissance fulgurante (il a dépassé en 2009 celui des Etats-Unis), concentrait en 2010 plus d’un tiers de la demande mondiale. Outre l’automobile, la consommation chinoise est soutenue par la fabrication délocalisée de nombreux produits à base de latex (gants, préservatifs…). En 2010, le pays a dû importer 80% de ses besoins.
Les cours du caoutchouc naturel sont partiellement corrélés à ceux du pétrole, qui jouent sur la compétitivité du caoutchouc synthétique. L’évolution du marché du caoutchouc naturel est surtout très dépendante de la santé du secteur automobile mondial. La crise économique a ainsi fait chuter la consommation pendant deux ans, mais la demande a repris de la vigueur en 2010, grâce en particulier à la Chine. Dans le même temps, des intempéries en Asie ont nui aux récoltes. Résultat : les cours, alimentés aussi par la spéculation, ont flambé sur le TOCOM jusqu’à frôler les 550 yens/kg le 18 février 2011, pulvérisant les records historiques.
Les prix ont rechuté dans les mois suivants jusqu’à 272 yens/kg le 21 octobre, en raison d’inquiétudes sur la reprise économique. L’Association des pays producteurs de caoutchouc naturel s’attendait, en octobre 2011, à une hausse de 6% de la production de ses 11 pays membres sur l’année en même temps qu’à un fort ralentissement de la croissance de la demande dans les pays émergents. En Chine par exemple, l’Association des constructeurs automobiles a revu à la baisse ses prévisions de croissance des ventes, à +3% contre plus de +10% initialement envisagés.
Le caoutchouc naturel est le produit fini après traitement du latex, issu de la saignée des hévéas. La culture de cet arbre, originaire d’Amazonie, s’est répandue dans les régions tropicales. Ce sont les Britanniques qui l’ont implanté au XIXe siècle dans leurs colonies en Asie – le continent d’où provient aujourd’hui plus de 90 % de la production mondiale. Certains pays d’Afrique ont un important potentiel de production, mais il est peu exploité en raison du manque d’investissement. La culture de l’hévéa y est plutôt le fait de petits planteurs qui ont difficilement accès à des crédits suffisants. Il faut compter 5 à 7 ans entre la plantation d’un hévéa et le début de la production de latex. Il est ensuite productif pendant une trentaine d’années.
Les hévéas cultivés ont une faible diversité génétique, ce qui les rend vulnérables. Les plantations sont ainsi potentiellement menacées par un champignon parasite qui, présent en Amérique latine, pourrait se propager en Asie. Des recherches, soutenues par des industriels, sont en cours pour sélectionner des variétés d’hévéas résistantes à ce champignon. A plus long terme, des chercheurs essaient de trouver des plantes alternatives pour produire le latex. La piste qui semble aujourd’hui la plus crédible serait le pissenlit russe… Pour qu’il soit exploitable à grande échelle, il faut parvenir à créer de nouvelles variétés qui produisent beaucoup et dont le latex ne coagule pas trop vite. Après de multiples sélections, les résultats seraient encourageants.
Production mondiale en 2010 : 10,39 Mt. Dont Asie : 93%, Afrique : 4%, Amérique latine : 3%.
Consommation mondiale en 2010 : 10,77 Mt. Dont Asie/Océanie : 70%, Union européenne : 11%, Amérique du Nord : 10%, Amérique latine : 6%, Europe hors UE : 2%, Afrique : 1%.
Cotation : Tokyo Commodity Exchange (TOCOM), en yens/kg. Singapore Commodity Exchange (SICOM) en US cents/kg.
Source : SIPH
Photo : DR

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