Le bioéthanol, élaboré à base de sucre ou de céréales, est ajouté à l’essence dans des proportions variables. Pour utiliser de l’E85 par exemple (85% d’éthanol), une adaptation du moteur est nécessaire, alors que l’E10 convient à n’importe quel moteur essence.
Deux pays dominent de loin la production mondiale : le Brésil, où il est fabriqué à base de sucre de canne, et les Etats-Unis, à base de maïs. Dans l’Union européenne, troisième producteur, il est issu de blé, de céréales secondaires ou de betterave – l’importance du parc de véhicule diesel fait que l’UE est plus présent sur le marché du biodiesel que sur celui de l’éthanol.
Le Brésil a longtemps été de très loin le premier exportateur, mais il a été dépassé en 2011 par les Etats-Unis, qui ont gagné à partir de 2010 en compétitivité grâce à une surcapacité de production et à un dollar faible. Leur production a été multipliée par 3,3 entre 2005 et 2010, ce qui a permis au pays de devenir exportateur net dès 2010, avec un effondrement des importations d’éthanol brésilien.
La filière éthanol a une telle importance dans ces deux pays qu’elle concentre 40% de la production américaine de maïs et la moitié de la récolte de canne à sucre brésilienne.
De nombreux pays ont décidé de favoriser l’utilisation d’éthanol, face à la raréfaction du pétrole et aux contraintes environnementales. C’est notamment le cas du Brésil, pays pionnier en la matière, qui a misé sur l’éthanol issu du sucre de canne dès les années 1970. Actuellement, plus de 90% des véhicules vendus en ce moment au Brésil sont compatibles avec l’E85 ou l’E100, si bien que l’éthanol constitue 56% de l’essence vendue, contre 8% aux Etats-Unis. L’éthanol restant plus cher que le pétrole, la demande est assurée principalement grâce à des mesures politiques pour le favoriser. Mais les cours du pétrole ont une influence sur la demande, des prix élevés réduisant le différentiel de prix.
Sous l’effet de mesures incitatives, la production mondiale d’éthanol a quintuplé entre 2000 et 2010 pour atteindre 23 milliards de gallons*, malgré le scepticisme rencontré par le « pétrole vert » de première génération – les espoirs à long terme se portant sur les biocarburants de seconde génération. En 2011 encore, le gouvernement Obama annonçait son intention d’aider les stations-service à s’équiper de pompes d’E85 afin de réduire la dépendance du pays aux importations de pétrole.
Au 1er janvier 2012, les Etats-Unis ont par ailleurs décidé de supprimer des subventions à la production et une taxe à l’importation. Ces mesures étaient attendues par le Brésil mais, paradoxalement, ce dernier risque de ne pas pouvoir en profiter rapidement compte tenu de ses difficultés actuelles à augmenter ses capacités à la mesure des besoins, domestiques et mondiaux. Du côté des producteurs américains, cette réforme ne suscite pas d’inquiétude particulière, preuve que la filière éthanol américaine est devenue suffisamment mature pour se passer progressivement des aides de l’Etat. L’éthanol s’échangeait sur le CBoT entre 2,10 et 2,70 dollars le gallon* en 2011.
Pendant plusieurs années, le bioéthanol a été soutenu par de nombreux gouvernements comme une alternative intéressante au pétrole. Mais le bioéthanol dit de « première génération », généralement fabriqué à base de canne à sucre, de betterave, de maïs ou de blé, fait aujourd’hui polémique.
Car utiliser les surfaces cultivables pour produire du carburant réduit celles consacrées à la nourriture, et les surfaces seraient de toute façon insuffisantes pour remplacer le pétrole. Du fait de cette concurrence entre cultures alimentaires vitales et cultures destinées à la fabrication de carburants, le bioéthanol a été mis en cause dans la crise alimentaire de 2008. De plus, le bilan énergétique global du bioéthanol fait débat, et certaines études concluent que l’énergie contenue est à peine supérieure à l’énergie consommée pour sa production si l’on prend en compte l’ensemble de la filière. Le bilan carbone, surtout pour l’éthanol à base de maïs, est lui aussi mitigé.
Mais l’espoir est mis aujourd’hui dans les biocarburants de seconde génération. L’éthanol peut ainsi être produit à partir de résidus de cultures : paille de céréales, feuilles, copeaux de bois… des matières végétales qui ne nécessitent pas de culture spécifique et pourraient ainsi être valorisées. Cette filière n’est pas encore commercialement viable, mais de nombreuses entreprises (compagnies pétrolières, constructeurs automobiles…) investissent dans le développement de ces carburants d’un nouveau genre.
Production mondiale d’éthanol carburant en 2010 : 23 milliards de gallons*. Dont États-Unis : 56 %, Brésil : 30 %, UE : 5 %, Chine : 2 %.
Cotation : CBoT (Chicago board of trade) en USD/gallon
* 1 gallon = 3,785 litres
Source : Renewable Fuels Association / F.O. Licht
Photo : DR

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