Entre augmentation rapide des besoins énergétiques et accroissement de la population, l’évolution de la consommation de pétrole fait craindre, depuis plusieurs décennies, l’approche d’une pénurie. Les réserves pétrolières connues sont en outre inégalement réparties sur la planète, ce qui pose des difficultés pour la sécurité d’approvisionnement des pays importateurs. La seule région du Moyen Orient concentre ainsi 54,4% des réserves prouvées fin 2010. Les réserves et la production de brut en mer du Nord sont de leur côté sur le déclin ; la Norvège notamment, qui était le 5e producteur mondial en 2000, est passé en 2010 à la 16e place avec une baisse de production de 36%. Sur la même période, la production du Royaume-Uni a chuté de moitié.
Avant que les réserves ne soient à sec, l’évolution des techniques et le prix jugé acceptable du baril à un moment donné sont prépondérants dans la question de l’offre. Pour l’heure, les compagnies pétrolières continuent régulièrement d’ouvrir de nouveaux puits, notamment offshore : plus coûteux à exploiter, ils deviennent rentables avec des cours du pétrole élevés. Il en est de même pour différents pétroles non conventionnels, comme les sables bitumineux, le pétrole de schiste, ou encore le offshore profond. Le gouvernement de l'Alberta considère ainsi que, grâce à ses ressources en sables bitumineux, l'Etat se place désormais au troisième rang mondial en termes de réserves estimées de pétrole, derrière l'Arabie Saoudite et le Venezuela. Il estime à 173 milliards de barils la quantité de pétrole économiquement extractible dans les conditions actuelles (soit 10% des réserves estimées de l'Etat). Cependant, l’exploitation de ces sables, considérés comme stratégiques par les compagnies pétrolières, est très contestée en raison de ses conséquences environnementales.
Le pétrole, première ressource énergétique, représentait à lui seul un tiers de l’énergie consommée dans le monde en 2010. Les transports routiers, qui en dépendent à 97%, sont à l'origine de plus de la moitié de la demande. Le reste étant destiné à l’industrie, la production d’électricité, la sidérurgie…
La croissance de la demande est essentiellement tirée par les pays émergents, et notamment la Chine, qui a presque doublé sa consommation entre 2000 et 2010. Ses importations ont par exemple progressé de plus de 14% entre 2009 et 2010.
L’écart de consommation par habitant dans les différentes régions du monde reste immense : en 2010, les États-Unis (300 millions d'habitants) étaient à eux seuls à l’origine de 21% de la consommation mondiale, et l’Afrique entière (plus d'un million d'habitants), de 3,9%. L'Europe et les Etats-Unis totalisaient à eux seuls la moitié des importations de brut en 2010.
Fait exceptionnel, la consommation mondiale d’énergie a diminué en 2009 en raison de la crise économique. Celle de pétrole a alors reculé pour la deuxième année consécutive. La demande s'est fortement reprise en 2010 pour atteindre un nouveau record à 87,4 millions de barils par jour, soit une progression de 3,1%. La part du pétrole dans le mix énergétique mondial est cependant en recul depuis le premier choc pétrolier, en raison de la hausse de son coût qui favorise notamment l'usage du gaz naturel et du charbon.
Depuis début 2011, le contexte économique conduit l'Agence internationale de l'énergie à revoir régulièrement à la baisse ses prévisions de croissance de la consommation de pétrole pour l'année, à +0,9 million de barils par jour en novembre contre +1,43 million initialement prévu.
Les cours, de leur côté, ont réagi en 2011 à une actualité mondiale particulièrement chargée (révoltes contre les régimes en place dans les pays arabes, tremblement de terre et tsunami au Japon, interruption des exportations libyennes, crise de la dette souveraine en Europe…). Le baril de WTI a ainsi oscillé durant les onze premiers mois entre 73 et 114 dollars, et le Brent entre 95 et 127 dollars – avec des variations parfois considérables en quelques séances.
S’il y a encore débat sur la date du pic de production de pétrole, chacun reconnaît aujourd’hui sa réalité. La déplétion qui va suivre rendra évidente la dépendance de nos sociétés à cette énergie fossile. Les avantages du pétrole sont multiples : il est dense en énergie, facile à transporter, polyvalent dans ses usages. À ce jour et pour longtemps encore, aucune des éventuelles énergies de substitution (nucléaire, énergies solaires, énergie éolienne, énergies des mers, mais aussi charbon, gaz) ou vecteurs d’énergie associés (électricité, hydrogène) ne peut offrir une telle souplesse d’utilisation avec de telles quantités d’énergie consommées quotidiennement, et pour un coût aussi modique. Ce qui inévitablement pose la question de la pérennité de notre système énergétique, donc de notre système de développement.
Production mondiale en 2010 : 82,1 millions de barils par jour. Dont Russie : 13%, Arabie Saoudite : 12%, Etats-Unis : 9%, Iran : 5%, Chine : 5%.
Demande mondiale en 2010 : 87,4 millions de barils par jour. Dont Etats-Unis : 21%, Chine : 11%, Japon : 5%, Inde : 4%, Russie : 4%, Allemagne : 3%, Brésil : 3%, Corée du Sud : 2,5%, Canada : 2,5%.
Réserves mondiales prouvées fin 2010 (hors sables bitumineux) : 1.383 milliards de barils. Dont Arabie Saoudite : 19%, Venezuela : 15%, Iran : 10%, Irak : 8%, Koweit : 7%, Emirats Arabes Unis : 7%.
Exportations mondiales en 2010 : 53,5 millions de barils par jour. Dont Moyen-Orient : 35%, ex-Union soviétique : 16%, Asie-Pacifique : 12%, Afrique de l'Ouest : 9%.
Importations mondiales en 2011 : 53,5 millions de barils par jour. Dont Europe : 23%, Etats-Unis : 22%, Japon : 9%.
Cotation : ICE Futures Europe (Londres), en USD/baril (Brent) ; New York Mercantile Exchange (Nymex), en USD/baril (WTI)
Source : BP Statistical Review juin 2011
Photo : Wikimedia, © Erik Christensen CC-BY-SA-3.0

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